Depuis hier, du mieux, tout doucement la pente s'inverse, alors je remonte, petit à petit, et je sors tous ces mots, ils me font moins peur une fois hors de moi.

flou

La dépression, c'est l'indifférence à tout qui progressivement gagne du terrain...
L'incapacité à voir ce qui pourtant était si beau la veille. Ou était-ce l'avant-veille ? Quand cela s'est-il dégradé ?
Que c'est sournois...
La dépression grignote petit à petit ma capacité à voir le beau.
Elle grignote le Beau. Plus rien n'a d'intérêt, plus rien n'accroche le regard, il ne me reste qu'à fermer les yeux et attendre.
Le réel se décolore peu à peu. Quand il devient si pâle qu'il en est presque transparent, c'est trop tard, et je m'en veux d'avoir laissé faire.
Ai-je laissé faire ? Est-ce ma faute* ?
Je résiste, je fais illusion, je me donne l'illusion que tout va bien, que ce n'est rien, que ça va passer... et puis un jour je n'y arrive plus, je me relâche un peu et c'est là, à cet instant de trop de fatigue dûe à trop de tension que le mal me submerge.
Des petits accrocs dans ma joie de vivre, rien de très visible, et puis un jour je ne me reconnais plus.
Je m'effrite. Je m'écroule, réellement, le corps lâche mais c'est le mental qui implose.

*Je sais que non, que c'est une maladie, bien sûr, mais tous les petits signes avant-coureurs, je dois les repérer, m'affoler dès leur apparition, tout mettre en place pour lutter, pour ne pas tomber encore une fois.