sable

Ils ont toujours été là, aussi loin qu'on remonte, puisqu'avant eux, nous n'étions pas nous.
Il y a eu bien sûr la première rencontre, légendaire, pré-historique, les premiers mots échangés, des banalités sans doute, on ne savait pas qu'un jour on partagerait tant, qu'on grandirait ensemble.
Quel est l'instant T, la seconde précise à laquelle on s'est connectés ? Celle à laquelle on est devenus des amis pour la vie ?

Et puis, il y a l'après.
Ce temps qu'on n'imaginait pas, qu'on croyait impossible.
Car mes amis font partie de moi, ils SONT moi.
Oui !!!
Mais non, pas pour toujours. C'est ainsi.
C'est parfois triste, parfois non.
Le temps qui passe est coupable, la distance aussi, oui... mais surtout, surtout, une dilution dans "la vie", la Grande Marée, celle qui emporte tout, les rêves, les envies, les folies.

A nous de décider: se laisser polluer, se laisser diluer, ou pas.
Choisir son camp.
On peut refuser la course aveugle, on peut résister à cette molle invasion qui assèche nos coeurs.
Je suis là pour toi. Je ne suis plus là. Tu disparais de ma vie. Ma vie disparaît-elle ?
Les amis partent, nous oublient, sur le bord d'un chemin parfois, croyant que la route est finie, ou qu'elle est déjà tracée.

Et on perd ses repères. On perd une partie de soi.

Miracle insolent, il y a ceux qui sont toujours là. Malgré les vagues. Les diamants éternels.
Pour combien de temps encore ? Un jour, un an ?

Il faut absolument cultiver avec patience et passion les liens qui nous restent. Ce sont des trésors, précieux, vitaux, excessivement.
Il faut reconnaître aussi ceux qui surgissent un jour, les inconnus d'hier, et vite, vite ! trouver le fil qui nous relie, tirer un peu dessus, ne pas simplement se laisser porter, mais forcer les portes (au risque de briser ce fil encore fragile, mais que vaut une vie sans audace ?).
On n'a plus de temps à perdre.
Quelqu'un doit partager notre folie, nos envies, nos rêves.
Parce qu'il nous en reste ! et qu'il faut les partager.
Pas de joie sans partage...