Au milieu de la journée... Prendre cet enfant, mon enfant, dans les bras, le bercer, le cajoler, tenter de l'apaiser par ma voix, par ma chaleur, par mon souffle...
Je me suis allongée avec lui, tout contre moi, serré dans mes bras, presque maintenu, pour qu'il trouve le calme. Il ne voulait pas, il continuait de chercher à droite, à gauche, il luttait de toutes ses forces pour ne pas succomber, malgré la mine fatiguée, malgré la petite main qui se frotte l'oeil, malgré les bâillements... Je lui ai parlé, raconté des petites choses sans importance, sauf pour lui et moi, des tas d'histoires qui n'existent qu'entre nous, nos secrets, aussitôt prononcés aussitôt oubliés. Et puis j'ai senti son énergie tout doucement diminuer, ses mouvements ralentir. Encore un sursaut, que ce bébé est têtu !

Quand enfin j'ai vu ses yeux se fermer, je n'ai pas voulu me lever pour l'emmener dans sa chambre. Je suis restée immobile, silencieuse, j'ai pris mon livre sur la table de chevet et j'ai lu... Oh, plusieurs fois, j'ai été tentée de me lever, de reposer mon bébé dans son lit, pour pouvoir faire "ce que j'avais à faire"... un brin de ménage, du linge à repasser, le goûter à préparer pour mes grands... Et puis j'ai décidé de rester là, avec mon bébé dans les bras, et de simplement profiter de l'instant... d'être infiniment dans le moment présent... Et nos souffles se sont accordés...

Alors j'ai observé ses petites mains ouvertes, confiantes, posées sur mes bras, tendues vers la vie. J'ai écouté son souffle, tantôt régulier, tantôt agité de rêves, j'ai suivi les mouvements de sa bouche esquissant parfois un sourire. Je voudrais toujours me souvenir de la couleur de sa peau, sur ses joues, cette pâleur à peine rosée, cette douceur qu'on n'a pas besoin de toucher pour la deviner. Nous étions blottis sous la couverture blanche, celle qui me tient chaud la nuit, celle dont on se couvre pour lire l'histoire du soir. En soulevant la couverture pour voir la position que prenait ce petit corps posé sur le mien, j'ai eu le souvenir très précis de ce geste déjà réalisé, il y a plus de 7 mois, alors que mon bébé à peine né était posé tout entier sur mon ventre, nécessaire transition entre le dedans et le dehors, entre sa vie avant et sa Vie, alors que la fusion parfaite laissait place à la rencontre inoubliable. Ce geste de soulever le coin de la couverture m'a transportée avec une force incroyable dans le souvenir de ce 9 juin, dans cette nuit magique et unique, ce premier regard, ce premier contact, le poids de ce petit être, cette chair tiède et poisseuse, cet instinct qui me poussait à vérifier que tout était bien là, que mon enfant était bien entier, deux bras deux jambes, et ces petits doigts que j'ai comptés... et l'émerveillement devant un tel miracle !

Le temps s'est délicieusement distendu, cet après-midi...

fp

Et le faire-part de naissance (!!!) est enfin prêt à être envoyé... Merci Juju, j'adore ❤